Cocoonfiné.e.s au Polaris, le retour !


ÉDITO DU 18 décembre 2020


ÇA VA DURER ENCORE LONGTEMPS ?!!!!


Et de nouveau un édito pour dire qu’on ne sait plus comment faire son métier 
ou plutôt qu’on ne sait plus quel métier on fait… si ce n’est donner un peu d’écho à la parole des poètes :


René Char
La réalité sans l’énergie disloquante de la poésie, qu’est-ce ?


Jean Tardieu
Grand plaisir, grand merci
Merci mille fois merci.
À bientôt. Mais non Mais si
Ce n’est rien je vous prie.

À Dimanche à Lundi
À Mardi à Mercredi
C’est cela : plutôt Vendredi
Le matin, je veux dire à midi

Dès l’aurore avant la nuit
Sans façon c’est par ici
Trop aimable. Bonne nuit.


Ghérasim Luca
COMMENT
S’EN SORTIR
SANS SORTIR


Madame de Maintenon
Ah mais laissez-moi rire
sous peine de pleurer avec moi

 
Claude Roy 
Ça m’est égal d’être un peu mort
escamoté dessous la terre
du côté de ceux qui ont tort
d’être plus là pour prendre l’air

Ça m’est égal que plus personne
sache comment je m’appelais
Tant et tant de téléphones sonnent
dans des appartements déserts

Ça m’est égal de ne plus voir
gens qui pleurent ni gens qui rient
de rien sentir de rien savoir
d’être un peu de rien dans du gris

Mais je voudrais pourtant savoir
si quelque part quelqu’un quand même
se souviendra de mes souvenirs


? mai 68
À trop fermer les portes
on les défonce


Samuel Beckett
à l’instant de s’entendre dire
ne plus en avoir pour longtemps
la vie à lui enfin sourire
se mit de toutes ses dents


Henri Michaux
Le microbe n’a pas le temps d’examiner le biologiste


Alphonse Daudet + Noelle Mistrales
De temps en temps, la chèvre de M. Seguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et elle se disait :
– Oh ! Pourvu que je tienne jusqu’à l’aube…
L’une après l’autre, les étoiles s’éteignirent.
Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup redoubla de coups de dents…
Une pâle lueur parut à l’horizon… Le chant d’un coq enroué monta d’une métairie.
Et au matin, la petite chèvre mangea le loup !


Nathalie Tcheng
J’ai le courage de ma fatigue. Immenses.


Jacques Higelin
Ah la la quelle vie qu’cette vie
Ah la la quelle vie qu’cette vie-là
Des pions, des j’tons, des trous dans la gamelle
Des r’tours de manivelle pour les gras du bidon

Ah la la quelle vie qu’cette vie
Des fatalistes
Des pessimistes
Des arrivistes
Qui vont nulle part


Yasmina Dlon
Un homme et ses amis rasèrent la forêt pour débusquer la poule miraculeuse. Ils la trouvèrent, ils la tuèrent, ils la mangèrent. Et ils rentrèrent chez eux. Et leurs maisons étaient envahies par les animaux de la forêt dévastée. Ils les tuèrent, ils les mangèrent. Et ils moururent de leur fièvre.
Plus tard, dans le cimetière sauvage des os blanchis, éclot un œuf fragile. La petite poule miraculeuse.


Paul Misraki, André Hornez
qu’est c’ qu’on attend pour être heureux
qu’est ce qu’on attend pour faire la fête
(…)
y’a des chansons dans le piano à queue
il y a d’ l’espoir dans tous les yeux
(…)
qu’est c’ qu’on attend
qu’est c’ qu’on attend
qu’est ce qu’on attend pour être heureux ?


Voilà, quelques petits éclats de poésie… et prochainement retrouver le spectacle bien vivant !
Et aussi une pensée solidaire pour les écrivaines/écrivains, dessinatrices/dessinateurs et autres créatrices/créateurs indépendantes qui ne connaissent pas le chômage partiel.


Et aussi, et surtout : de très très belles fêtes à vous (dans l’intimité requise, bien-sur)


Odile Groslon, directrice artistique



ÉDITO DU 13 novembre 2020


Petite déambulation dans mon dictionnaire…


Ça va de travers ! Pour le monde et les hommes qui courent dessus.
Tellement de travers qu’il serait sans doute bienvenu d’inventer un nouvel équilibre, se remettre la tête à l’endroit, les yeux en face des trous, et tenir debout les uns tout contre les autres.
Mais comment ? Pourquoi ?
Nous sommes nombreux à ne plus rien comprendre à la situation.
Moi, quand je ne comprends plus rien, j’ouvre le dictionnaire, le gros, en papier, celui qui est lourd avec beaucoup trop de lettres à l’intérieur. Et je cherche le mot qui m’interroge.
Alors, je suis allée chercher  «culture»
J’ai trouvé: «ensemble des connaissances acquises qui permettent de développer le sens critique, le goût et le jugement*». Je me suis dit que c’était drôlement intéressant.
Dans la foulée, j’ai aperçu «culture microbienne: accroissement de micro-organismes confinés en milieu approprié – Bouillon de culture*».
J’en ai conclu que si on confinait l’ensemble des connaissances acquises en un bouillon propice à leur développement, on atteindrait les sommet du sens critique, du goût et du jugement.
Et là, l’idée de confinement devient tout à fait enthousiasmante!
Des connaissances acquises, on en a plein.
Le confinement, on commence à savoir faire.
Reste à développer le bon milieu approprié. C’est ça l’inconnu…

Je lance donc un appel à vos intuitions pour imaginer quel serait le milieu approprié au développement de certaines qualités de l’esprit*, le bouillon de culture idéal en quelque sorte …

En attendant vos suggestions, je vais fouiller la question avec l’aide mon assistant assidu.

* cf : Petit ROBERT 1 – édition Le Robert

Odile Groslon
Directrice artistique


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